Moyens, indépendance et efficacité : mon point de vue

Suite à mon appel, j’ai reçu comme je l’ai dit un soutien sincère de nombreuses personnes qui trouvent utile ce que je fais. Il y a aussi eu certaines réactions négatives auxquelles il me semble utile de répondre parce qu’elles ont une dimension politique.

En substance, certaines personnes trouvaient mon appel à des donations immoral voire scandaleux.

Leur perception repose sur une idée assez simple : ils pensent que ce que je fais n’a pas à intégrer le facteur matériel et financier.

Le premier point, selon moi, est qu’il s’agit là d’une approche culturelle de type “post-catholique”. Je dis bien “post”. L’argent est perçu, dans les anciens pays catholiques ayant basculé dans le socialisme, comme “sale”. Tout contact avec lui “souille” moralement. Dès lors, la sphère des idées ou des combats de valeurs ne devrait pas avoir de lien avec les questions d’argent.

Soit. Sauf que ces mêmes pays ex-catholiques comme la France conservent du catholicisme son organisation sociale pyramidale – via l’état – à la différence des pays protestants dont l’organisation religieuse est horizontale, congrégationniste. La charité est devenue “obligatoire” via l’imposition massive et le système social que nous connaissons.

La défiance vis-à-vis du gouvernement est très ancrée chez les pays protestants en raison de ce rejet de toute autorité centrale religieuse remontant à la Réforme. L’état est donc écarté de pans entiers de l’activité sociale. Le don volontaire à des “charities” (fondations) y est beaucoup plus fort en raison du fait que la liberté d’association est encore très vivante. On se réunit volontairement dans un but commun (religieux, social, etc.).

En France, c’est l’état qui gère cette “solidarité” qui devient dès lors imposée et n’a donc plus rien de réellement charitable.

Sans surprise, aux USA les médias en ligne alternatifs ou les Youtubeurs se financent via leur fanbase. C’est une procédure standard qui s’avère extrêmement efficace. Ces faiseurs d’opinion ont porté de très sérieux coups aux médias mainstream du type “New York Times” ou “Washington Post”.

Chacun peut voir, en France, ce que font de la “solidarité” fiscale les politiciens hexagonaux : l’argent prélevé sur les travailleurs Blancs alimente la natalité galopante des “autres”. La presse est officiellement financée par le gouvernement, etc.

Dans les années qui viennent, quand les états “sociaux” d’Europe de l’Ouest commenceront à s’effondrer sous le poids de leur endettement, les gens devront réapprendre les solidarités naturelles et volontaires pour réaliser des buts communs. J’inscris mon appel dans cette philosophie.

Deuxième point, aucun combat politique n’est mené sans moyens. Peu importe le parti, le média ou l’époque, TOUS les mouvements d’idées désireux d’influencer la réalité se sont confrontés à la question des moyens. Il est fondamentalement non politique de repousser cette question avec une moue de dégoût. A vrai dire, prétendre l’inverse est objectivement “contre-révolutionnaire”.

Ceux qui se sont réjouis de la victoire de Donald Trump se rappelleront que pour être effectivement relativement indépendant, c’est sa qualité de milliardaire qui lui a permis de ne pas solliciter l’aide de Wall Street, des grandes multinationales ou des pétromonarchies, à la différence de Hillary Clinton. Trump, milliardaire, a financé sa campagne avec les petits dons des électeurs de la classe moyenne blanche.

Outre que les dons permettent aux gens de s’impliquer volontairement et de se sentir appartenir à une dynamique, ils répondent logiquement à la question des moyens.

Ce qui a été perçu par tout le monde aux USA comme un vrai marqueur d’une campagne populaire serait probablement dénoncé par les détracteurs que je citais plus haut comme une entreprise de racket organisé.

Ces donations, même modestes, garantissent une indépendance qui ne peut exister dans le système actuel, totalement dominé par le financement des grandes groupes ou du gouvernement. Entre Bolloré ou Drahi et l’état français, les médias sont tenus d’une main de fer. Le soutien volontaire est la seule réponse possible.

L’autre alternative est le bénévolat intégral. Ce que j’ai fait pendant de nombreuses années, sans répit. Je serais heureux de rencontrer ceux qui s’y adonnent dans le domaine qui nous occupe : l’information sur les questions clef de l’immigration de masse, l’islamisme, le racisme anti-blanc, etc.

Aussi, le serveur que j’utilise actuellement est sur le bord de la rupture en raison des progrès du trafic. Pour y répondre, je devrais payer plusieurs milliers de dollars par an. Si mes détracteurs pensent que c’est réalisable sans financements supplémentaires, désolé, mais ils se trompent.

Troisièment, le liberté. J’ai vu des inconnus s’insurger alors qu’à aucun moment ils ne sont tenus de participer. Il s’agit d’un contrat librement passer entre moi et ceux qui estiment que mon travail est utile et qu’une donation pour m’aider à continuer est un investissement. Ces inconnus ne sont pourtant ni lésés ni même, de fait, concernés.

Pourquoi des gens qui ne donnent pas et sont parfaitement libres de ne pas le faire protestent contre le fait que d’autres agissent librement en sens inverse ? Si je respecte leur liberté, l’inverse ne semble pas vrai.

Journalistes des médias dominants ou politiciens professionnels, tous sont rémunérés par les impôts et taxes prélevés arbitrairement par le gouvernement. La redevance télévisée, payée par tous, finance des programmes qui nuisent objectivement à l’ordre social. Ce financement obligatoire ne choque finalement pas tant que ça. En revanche, que moi – et d’autres par extension – demandions à ceux qui le veulent de nous aider s’ils estiment que le travail réalisé apporte quelque chose, devient “scandaleux” et “immoral”. Ils y voient un esprit de lucre là où il s’agit de simplement pouvoir travailler.

Le financement indépendant, garanti par la liberté de choix comme de l’ampleur du soutien, est ce qui permet d’offrir une alternative aux médias institutionnels. Quand la RTBF belge vient se plaindre de la trop grande efficacité du travail réalisé (voir ici), c’est un signe de cette nouvelle tendance de fond qu’est la montée en puissance de l’information alternative.

Paradoxalement, l’extrême-gauche fonctionne sur une base économiquement ultra-réaliste. Très coopérative, elle admet logiquement que toute fin nécessite des moyens. Pour ce qui concerne des Youtubeurs de cette tendance, prenez Usul : pour 4 ou 5 vidéos par an, il reçoit environ 10 000 euros par vidéo (voir ici). La gauche communiste ne s’en offusque pas : elle est pratique et pragmatique. Plus elle draîne de moyens, plus elle se félicite de son succès.

Curieusement donc, le refus du paramètre des moyens financiers est beaucoup plus prégnant chez certaines personnes se situant dans la mouvance identitaire que chez les anarcho-communistes.

Ces dernières années j’ai beaucoup appris et le critère de l’efficacité me paraît être déterminant. J’aimerais beaucoup voir davantage de blogueurs ou Youtubeurs véhiculant des idées positives remporter un franc succès et professionnaliser leurs activités pour être toujours plus percutants. Nous devrions en réalité gérer notre lutte avec la rigueur des entreprises où toute erreur est corrigée sous peine de faillite. La culture de la réussite devrait être notre culture.

Je n’ai jamais vu personne reprocher à Eric Zemmour de vendre ses livres au lieu de les donner à prix coûtant. Ou de faire facturer ses passages télévisés. Personnellement, je trouve que son succès professionnel est mérité et que ce qu’il a apporté est infiniment plus considérable pour nous. Je trouverais tout simplement déplacé d’aller lorgner sur ces fiches de paie.

Quatrièment point, les réactions de certains laissent à penser que ce que je fais relève du hobby. Dans mes mains, un ordinateur ou une caméra ne sont pas davantage des produits de luxe qu’un utilitaire Renault n’est une voiture d’agrément pour un artisan. C’est un outil de travail.

Je passe au minimum 12 heures par jour sur ce que je fais. Ce qui inclut de lire, pendant des heures, une multitude de sources d’information, pour beaucoup en anglais. Le tri et la mise en forme, la publication sur le site d’information auquel je participe – qui atteint désormais environ un million de lecteurs par mois – consomme énormément de temps et d’énergie. Les vidéos que je fais pour Youtube ou Facebook, ne représente qu’une part de mon travail. S’y ajoute un podcast récent. Mes ce sont les articles qui me prennent le plus de temps.

Ce travail m’a valu, en substance, la mort sociale en France : une montagne d’amendes, des procès à la chaîne, la prison ferme, etc. Je suis clairement déficitaire en termes matériels et à ce stade, mon activité ne pas être qualifiée de “hobby”. Certains ne comprennent tout simplement pas que c’est un travail à temps plein parce qu’ils n’ont jamais eu à le faire.

Cinquième point, mes intentions. Je suis un blogeur depuis 8 ans, un Youtubeur depuis 2 ans. Si la soif de l’argent m’avait animé, j’aurais opté pour autre chose. Simplement à ce stade, pour effectivement assurer un travail de qualité, régulier et de meilleure facture, je ne peux pas feindre d’ignorer la question des moyens. Il ne s’agit pas pour moi de “choisir mon habitat” ou de “payer mon tailleur”. Je ne vends pas de livres libres de droits ni de “gâteaux dissidents”. J’essaie d’informer les nôtres sur la situation, au plan global comme local.

La question centrale est celle-ci : la sincérité. Est-ce qu’on se sert de la politique pour en tirer un profit ou est-ce qu’on investit pour la lutte politique ?

Une structure comme la mienne, pour se développer, dépend naturellement du public. Ce que beaucoup ont compris et notamment ceux qui me soutiennent et que je remercie.

Certains ont jugé trop vite, essentiellement parce qu’ils ne sont pas de l’autre côté du rideau.

Il me paraissait utile d’expliquer l’approche qui est la mienne en détails plutôt que de laisser des personnes mal intentionnées ou mal informées déformer la réalité.


10 Comments

  • Iris

    January 9, 2017

    Je n’ai même pas vu l’appel aux dons, la honte (pour moi). Contente pour vous, il faut soutenir le travail qualitatif comme le vôtre, et il faut mal connaître ce que vous faites pour vous prêter des intentions autre que celle d’éveiller les consciences de vos compatriotes et de les informer.
    Il n’est pas difficile de déduire que cela exige beaucoup plus d’heures de travail et d’abnégation que de récompenses financières. Bravo à ceux qui vous ont soutenu et bonne continuation Boris !

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    • Boris

      January 9, 2017

      Merci Iris.

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    • Renée

      January 11, 2017

      Idem !

      Je vous encourage d’autre part à rendre permanent et à développer cet appel aux dons. Comme vous l’expliquez très clairement, il n’y a, d’une part, aucune gêne à avoir à cet égard et, de l’autre, nombreux sont ceux qui comme Iris ou comme moi vous suivent attentivement sans pour autant être scotchés à leur ordinateur … Permettez-moi également de vous suggérer d’annoncer très régulièrement (d’actualiser) la validité de vos adresses de paiement (étant donné votre situation, c’est un frein puissant aux contributions financières de ne pas savoir avec certitude si elles vous parviennent effectivement.)

      Avec tous mes voeux de vaillance, de santé, cher Boris.

      La reine Renée des “légionanglaise”

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  • Templar

    January 9, 2017

    Total soutient à Boris… On imagine bien qu’ exilé au Japon, il est difficile d’ assurer sa subsistance , le coût d’ un serveur sécurisé et d’ autres frais de première nécessité, tout en consacrant un temps très important à la recherche et l’ analyse d’ informations.
    Ne pas le comprendre relève d’ une « grande naïveté », en étant très gentil… d’ autant que l’ on est très très loin des calculs intéressés de certains, confondre les deux démarches est pour le moins stupide.

    Sans argent il est impossible d’ envisager une promotion réaliste de notre cause. Et il est évident que ce n’ est pas le meilleur créneau pour générer des flux financier important.

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  • daniel

    January 9, 2017

    Qu’il soit devenu nécessaire de rappeler tout cela, démontre à quel point les français sont contaminés par le socialisme.
    Qu’un don, une subvention ou un impôt puisse être volontaire et non imposé par l’etat, est devenu incomprésensible à beaucoup de gens.
    Evidemment, le résultat de cela, c’est que la charité n’existe plus, sauf si elle donne lieu à un bonus fiscal !!!
    pauvre France !!!

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  • Vasco

    January 10, 2017

    Meilleur voeux pour cette nouvelle année,

    Je suis toujours étonné de voir que des personnes puissent critiquer un appel au don. Je trouve cela tout à fait normal. Si vous pouviez par là même faire des bénéfices importants, cela ne me regarde pas et j’en serai très heureux pour vous… et pour la cause. Je n’ai pas pu participer à l’aide annoncée, ça n’a pas duré longtemps?

    Quoi qu’il en soit, relire Saint Paul dans “2 Corinthiens” pour comprendre que l’appel au don est une très bonne chose lorsqu’il s’agit du combat pour la vérité! Cependant, je crois que le mal entendu sur l’argent remonte à bien plus loin (début de l’imprimerie). Les “abus de simonie” aujourd’hui est plutôt du côté de ces médias recevant nos impôts pour prêcher leur religion des droits de l’homme, excommunier qui bon leur semble. Je ne crois pas qu’ils subsisteraient longtemps sans cette manne financière reçu par l’état…

    Vous avez tout mon soutien dans la lutte Mr Le Lay!

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  • JJS

    January 11, 2017

    Très bonne synthèse. J’en suis pour participer. Faites savoir comment.
    Bon courage et merci pour votre travail.

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    • Boris

      January 12, 2017

      Je n’y manquerai pas.

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  • Fabien Friederich

    January 14, 2017

    Cher Boris, votre présence dans le désastre que nous traversons est une véritable lumière. Camarades et amitiés!

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  • Boris

    January 17, 2017

    D’ici très peu de temps.

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