Ottokar

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L’entrée en scène de Tintin est due, la plupart du temps, à un acte involontaire du héros. C’est très souvent que Tintin mène une aventure qui a pour origine un acte anodin. C’est ainsi que dans Le Sceptre d’Ottokar, il se trouve entraîné en Syldavie uniquement parce qu’il a trouvé la serviette d’un passionné de sigillographie sur un banc.

Lorsque l’histoire paraît dans Le Petit Vingtième, d’août 1938 à août 1939, des événements annonciateurs de la seconde guerre mondiale apparaissent. Ce sont ces événements qu’Hergé va prendre en considération pour la trame de fond du Sceptre d’Ottokar. A cette époque, l’Autriche est menacée par l’Allemagne. Les 11 et 12 mars 1938, les troupes allemandes nazies envahissent l’Autriche. Le 13 mars, le pays est annexé et devient une province du troisième Reich. C’est L’Anschluss.

Le Sceptre d’Ottokar, lui, est la description d’un Anschluss raté. Dans cet épisode, la Bordurie veut s’emparer de la Syldavie avec l’aide du président de la Garde d’acier, Müsstler, dont le nom est le mélange de Mussolini (Muss-) et d’Hitler (-tler), d’ailleurs les méthodes employées par le personnage fictif sont très proches de celles du véritable tyran allemand. Avec ces puissants adversaires, le roi de Syldavie, Muskar XII, n’a apparemment aucune chance de lutter, surtout si en plus il perd la confiance de son peuple, ne possédant plus le traditionnel sceptre.